[Critique] The Rambler

The Rambler (2013)

Note
4/10
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Après avoir été libéré de prison, un homme connu sous le nom The Rambler tombe sur un étrange mystère, comme il tente un périlleux voyage à travers les petites villes en route pour renouer avec son frère depuis longtemps perdu.

Calvin Lee Reeder nous avait déjà bien retourné les rétines et le cerveau avec The Oregonian, le voilà de retour à l’Etrange Festival avec The Rambler, film lui-aussi complètement trippé mais également un peu vain.

Tout juste sorti de prison, un homme solitaire et mystérieux s’embarque dans un long voyage pour retrouver son frère. Traversant routes de traverse, paysages désertiques et petites villes paumées, tel un Lost Highway à la sauce texane, le film ne tarde pas à aligner sur le chemin de notre anti-héros des représentants de plus en plus dépravés de l’Amérique redneck, celle qui porte toujours en 2013 des chapeaux de cow-boy et troqueraient volontiers voiture contre canasson. On croise donc tour à tour un scientifique fou collectionneur de momies, un organisateur de matchs de boxes truqués et même un ancien ambulancier un peu trop branché par les femmes amochées… Du beau monde !

I am a poor, lonesome cowboy…

Sur ce pitch sentant bon le fétichisme de toute l’imagerie américaine tournant autour de la route, ses rencontres improbables, sa destination comme remède à un vide existentiel, Calvin Lee Reeder aligne les séquences improbables sans but apparent, ces saynètes surréalistes sans queues ni têtes défilant au gré des déplacements de son personnage principal. On reste principalement dans la comédie fantastique même si le film opère régulièrement des virages dans l’horreur avec quelques explosions gores inattendues et des créatures tout droit sorties des recoins d’une psyché bien barrée. Ce déroulement onirique laisserait presque penser que tout ceci n’est qu’un rêve enregistré sur l’une des VHS évoquées en début de métrage, le ciel se constellant parfois de points lumineux et sonores comme autant d’indices d’une réalité friable et technologiquement manipulée.

Le cowboy solitaire, incarné par le parfait Dermot Mulroney, semble tout droit sorti d’un film de Quentin Dupieux et se montre imperturbable à un point quasi-comique face aux événements de plus en plus déviants se déroulant devant ses yeux. Le réalisateur en profite également pour faire jouer à nouveau sa muse et compagne, Lindsay Pulsipher, dans le rôle de « La Fille » ou l’incarnation du « Grand Amour » représenté comme impossible à un point ici complètement absurde.

Le cow-boy et sa belle, lancés dans des activités de plus en plus débiles

On ne pourra pas reprocher à Calvin Lee Reeder de manquer d’imagination. Le mec réalise en fait son propre trip référentiel à David Lynch comme pour pouvoir ensuite se le passer en boucle chez lui lors de soirées sous champignons hallucinogènes. Problème : alors que chez Lynch, l’étrange et l’incompréhensible sont comme des trous noirs aspirant l’âme du spectateur, ces notions paraissent ici bien trop forcées pour nous envoûter complètement, nous larguant régulièrement au bord de l’autoroute de l’ennui et dans l’attente du prochain trip auquel on pourrait se raccrocher. Heureusement, la mise en scène démontre le talent indéniable du réalisateur pour brosser des vignettes visuellement marquantes et quelques piques surréalistes arrivent à faire mouche. Le film pourra donc susciter au minimum un intérêt poli de la part d’un spectateur un tant soit peu ouvert à ce genre de pitreries cocasses. On espère juste que Calvin s’aidera pour ses prochains films d’une véritable intrigue pour impliquer un peu plus le spectateur dans ses délires.

Critique par Alex B


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