The Vigil

The Vigil (2019)

1 h 28 min | Horreur | 6 septembre 2019
Note
6/10
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New York, Brooklyn. Après avoir quitté la communauté juive orthodoxe, Yakov, à court d’argent comme de foi, accepte à contrecœur d’assurer la veillée funèbre d’un membre décédé de ce groupe religieux. Avec la dépouille du défunt pour seule compagnie, il se retrouve bientôt confronté à des phénomènes de plus en plus inquiétants…

Un “shomer” est une personne qui veille au chevet d’un défunt en récitant des Psaumes pour élever son âme. Le speech est donné, The Vigil raconte l’histoire de Yakov, un jeune juif qui accepte d’être shomer durant une nuit pour se faire un peu d’argent mais, bien entendu, il va vite être témoin d’événements paranormaux.

Le film commence avec des images chocs rythmées par une respiration forte et angoissante. Ces bruits de respiration omniprésents sont en quelque sorte utilisés comme fil rouge, oppressants et ultra réalistes, ils apportent beaucoup de matière au film. Tout le début du film est un vrai coup de maitre, l’histoire s’annonce originale, le visuel travaillé et même la caméra audacieuse. De nombreuses scènes sont tournées en plan-séquence, un style très fluide visuellement mais cette idée sera malheureusement vite abandonnée. Il aurait été génial d’assister à l’enfer de cette nuit à travers les mêmes types de plan-séquence du début, dommage.

Le visuel de The Vigil est néanmoins remarquable.  Bien que l’ambiance froide et la lumière sombre n’ont rien de novateur, beaucoup d’éléments tente d’apporter une touche d’originalité à l’histoire. L’utilisation de la caméra du smartphone est pertinente et bien utilisée, les rencontres avec l’entité sont effrayantes et mystérieuses et ces enchainements entre visions et réalité entrainent un visuel global très dynamique. Bref, le visuel reste simple mais efficace.

Coté scénario on perd un peu en qualité. Enfin une histoire de démon qui n’implique pas de prêtre, pas de bible et pas de crucifix ! Certes The Vigil a le mérite d’apporter un peu culture juive dans ce cinéma d’horreur trop homogène. Hélas, le scénario reste banal et on a du mal à voir ce qui le différencie d’un énième descendant de « l’Exorciste » ou de « Conjuring ». Après le « Under The Shadow » de 2016 ( Prix du jury Gerardmer 2017 ), on espérait un film plus teinté culturellement et sortant des codes imposés par les géants du genre, mais The Vigil est tombé en plein dans le piège. On remarque de nombreuses facilités et raccourcis qui peuvent se retrouver dans les Conjuring ainsi qu’une utilisation et représentation du démon similaire à ce que le cinéma a pu nous offrir. Cette même année et en compétition Court-métrage (l e vainqueur d’ailleurs ! ) Gerardmer nous a fait découvrir Dibbuk qui retrace un “exorcisme” juif. Dibbuk apporte plus d’éléments originaux que The Vigil et particulièrement dans l’apparence et les motivations de son démon. The Vigil a loupé le coche et laisse un arrière-gout de déjà vu en sortant de la salle.

Malgré tout, The Vigil mérite le coup d’œil, on sent une tentative de proposer quelque chose de différent et on ne peut qu’encourager cette initiative. On peut notamment souligner la qualité du personnage de Mme Litvak, très effrayante et pourtant si touchante et une très belle interprétation de la part de Lynn Cohen. De plus, le film reste globalement d’une qualité tout à fait convenable et mérite le déplacement en salle.

Par Joanny Combey

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