[Critique] American Horror Story : Murder House (saison 1)

[Critique] American Horror Story : Murder House (saison 1)

Avant même de débarquer sur les écrans, American Horror Story avait réussi un joli coup de bluff. Aux États-Unis, sa campagne de promotion tenait du génie sadique : des teasers de quelques secondes, des visuels fétichistes et cryptiques, et absolument aucune image de la série elle-même. Murphy installait un inconfort durable avant même la première minute de diffusion. On savait qu’on allait déguster, on ne savait juste pas à quelle sauce.

  

Derrière ce projet, on retrouve Ryan Murphy, un showrunner au profil de caméléon frénétique. Passer du cynisme plastique de Nip/Tuck aux numéros musicaux ultra-diabétiques de Glee pour enchaîner sur un drame gothique pur jus, il fallait oser. C’est la preuve d’un appétit féroce pour le grand écart stylistique, quitte à se claquer un muscle au passage. Pour ses débuts dans l’horreur, le créateur ne cherche pas à réinventer la roue et s’attaque directement au morceau de choix : le mythe de la maison hantée.

Entrée en scène de la famille Harmon. Le père, Ben, tente de faire oublier ses écarts de conduite extra-conjugaux (en gros, il a confondu sa table d’auscultation avec un lit d’hôtel) ; la mère, Vivien, panse les plaies d’une fausse couche traumatique ; et la fille, Violet, gère son spleen d’adolescente en écoutant du rock dépressif. Pour s’offrir un nouveau départ, ils achètent un somptueux manoir victorien à Los Angeles, bradé à un prix anormalement bas. C’est la première règle immuable du genre : quand l’immobilier de luxe est à portée de toutes les bourses, c’est que les murs ont déjà bu beaucoup trop de sang. Il ne faut pas signer le compromis, il faut fuir. Mais bon, pas de fantômes, pas de série.

AMERICAN HORROR STORY: Airing on FX

Quand les névroses prennent vie

Très vite, le quotidien des Harmon vire au cauchemar architectural. Les anciens propriétaires ont laissé une empreinte indélébile, et les résidents invisibles de la demeure comptent bien s’immiscer dans les failles de cette cellule familiale déjà en ruine. Ici, le spectre n’est pas une silhouette vaporeuse qui se contente de faire grincer les portes ou d’apparaître dans le reflet d’un miroir pour faire sursauter le spectateur léthargique. Les entités de Murphy sont des prédateurs psychologiques, des névrosés magnifiques qui utilisent les regrets, les deuils et les secrets inavouables des vivants comme des armes de destruction massive.

La véritable audace de cette première saison est de traiter la bâtisse non pas comme un simple arrière-plan gothique, mais comme le véritable antagoniste de l’histoire. Les couloirs étouffent, les sous-sols regorgent de secrets formolés et chaque pièce semble condamnée à rejouer en boucle les pires tragédies de ses occupants successifs. Un Airbnb de l’enfer, en somme.

Un opéra macabre et référencé

Pour porter ce drame grand-guignolesque, le casting se doit d’être impérial. Si le duo Connie Britton / Dylan McDermott incarne avec une juste dose de désespoir ce couple en fin de race, c’est Jessica Lange qui vampirise littéralement l’écran. En voisine intrusive, vestige d’un Hollywood révolu et toxique, elle livre une performance théâtrale absolument magnétique. Elle possède cette faculté rare d’instiller une menace sourde dans la plus anodine des répliques, tout en gardant un brushing impeccable.

La série s’impose également comme un immense terrain de jeu pour les cinéphiles. Murphy ne se cache pas, il pille le doudou de l’épouvante avec un amour évident (et de gros sabots). C’est un buffet à volonté où l’on croise les ombres de Psychose, les obsessions de Stephen King, l’ambiance poisseuse de Rosemary’s Baby et l’héritage d’Amityville. Mais au lieu de livrer une simple compilation stérile, le showrunner y injecte sa patte : une esthétique outrancière, un érotisme déviant (salut l’homme en latex) et une profonde empathie pour les monstres et les marginaux.

L’excès comme marque de fabrique

Tout n’est pas irréprochable dans ce premier tour de piste. Murder House souffre par moments des défauts de sa générosité. Murphy a tellement d’idées à la minute qu’il ouvre toutes les portes en même temps, quitte à saturer son récit, à abandonner certaines intrigues en cours de route ou à frôler le grotesque lors d’un final particulièrement chargé en ectoplasmes et en larmes de crocodile.

Mais ce refus de la sobriété fait partie intégrante de l’identité d’American Horror Story. La série n’est pas du genre à avancer prudemment dans la pénombre avec une lampe torche et un rythme flegmatique. Elle préfère renverser le mobilier, allumer un incendie au milieu du salon et regarder le spectacle d’un œil ricanant. Une entrée en matière imparfaite, parfois boursouflée, mais animée d’une fureur visuelle et thématique qui aura redéfini l’horreur sur le petit écran. On en redemande, même si ça fait mal.

7 plusieurs commentaires

  1. Je n’arrive pas à voire les vidéos, quand je lance la lecture j’ai uniquement ce message « Cette vidéo est privée »

  2. c’est idem pour moi la vidéo est impossible a lire , faut aller sur youtube

  3. Cette série est totalement démente!! Vivement la saison 2. Un vrai régal pour les amateurs du genre!

  4. Cette série est géniale !

  5. Vraiment très bonne série, comme tu dis Karza vivement la saison 2!!
    <3

  6. ;0) Axel !! Apparemment ce ne sera pas la même famille dans la saison 2…

  7. La saison contient des Acteurs de la saison 1 Mais elle a rien a voir..
    Sa se passe dans un asile de 1940-1960 d’ailleurs la saison s’apelle ASYLUM;

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