[Critique] Poltergeist III

Poltergeist III (1988)

1 h 38 min | Horreur, Thriller | 10 juin 1988
Note
3/10
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Carol Anne s'est enfui chez sa tante et son oncle afin de se cacher du terrible révérend Kane, mais celui-ci la retrouve et la poursuit dans un immeuble de verre. Sera-t-elle à nouveau capable de déjouer les plans du Révérend ?

Adieu la Californie, adieu les quartiers pavillionnaires : cette nouvelle suite de Poltergeist nous emmène à Chicago, pour suivre les aventures surnaturelles Caroll-Anne. Le film de Tobe Hooper s’était démarqué lors de sa sortie en 1982 grâce à une cellule familliale forte et attachante mais aussi à des effets spéciaux incroyables pour cette époque. Poltergeist II avait, quant à lui, déçu à cause d’un manque de finesse dans l’écriture et un manque cruel d’ambition.

En 6 ans, la société a changé : à la fin des années 80, l’émergeance de la technologie offre un élan de liberté aux Etats-Unis, avec, par exemple les tout premiers téléphones mobiles et les prémices d’internet. Mais tout cela fait aussi peur, ce tout nouvel univers inconnu plonge les américains dans le mystère le plus totale, et une grande méfiance dans l’avenir. Synonyme de modernité, le lieu principal de l’action de ce Poltergeist 3 est une immense tour de verre, un des buildings à l’époque, tout récents, qui pullulent dans les centre-villes. Cet immeuble accueille des centaines d’habitants qui vivent et travaillent dans ce même lieu, de plus de 70 étages. Malheureusement, cet aspect est peu approfondi dans le film, on aurait espéré que, pour rester dans la thématique du premier film, un discours sur les promoteurs sans foi ni loi ait été abordé, puisque le héros du film est lui-même un employé de la société qui a construit cet immeuble…

 

Notre chère Caroll-Anne habite désormais avec son oncle et sa tante (pratique quand la majorité du casting des 2 premiers films refuse de repartir pour le 3e opus..). Elle est scolarisée dans un établissement pour enfants surdoués où les élèves sont constamment observés par des psys peu coopératifs et étroits d’esprits. Toute cette mise en place se suit avec un certain plaisir, et les 30 premières minutes sont plutôt surprenantes de qualité. Car les effets mis en place sont assez réussis : par exemple, les miroirs qui se trouvent dans chaque couloir, chambre, permettent des trouvailles de mise en scène fantastiques. Mais il s’avèrera que, par la suite, cette seule bonne idée sera surexploitée, à outrance, jusqu’au désintérêt le plus total.

Car passé le premiers tiers, le film s’enbourbe dans un scénario répétitif (tiens, tiens, Caroll Anne a disparu..), des dialogues parfois ridicules, et une dernière heure qui trâine tellement en longueur que ça en devient insupportable. Côté casting, les acteurs semblent s’ennuyer ferme : la notion d’amour maternel qui est à la base du premier film est terriblement mal menée. L’actrice Nancy Allen, qui joue la belle-mère de Caroll-Anne, apparait plutôt comme une snob insensible qui laisse la gamine à son sort. La fameuse chasseuse de fantômes Zelda Rubinstein n’apparâit que quelques minutes, et se retrouve perdue dans le film. Rien à voir avec son apparition étrange du 1e épisode de la saga !

Comment expliquer un tel ratage ? C’est bien simple, le tournage et la production de ce film a été un véritable cauchemar. déja, le script a été réécrit plusieurs fois (sans blague..), et le premier tournage, bouclé en juin 1987, a donné lieu à un film qui n’a pas satisfait grand monde. La fin originale est passée à la trappe pour cause de couts trop élevés. Une nouvelle fin doit être tournée mais le tournage est hélas endeuillé par la mort subite de la jeune actrice Heather O’Rourke à qui le film est dédié. Ceci va renforcer le caractère « maudit » de la saga, puisque chaque Poltergeist a été entaché de la mort d’un de ses protagonistes. Pour Poltergeist II, John Beck était déjà malade lorsqu’il joua le Révérend Kane et il mourra peu de temps après. L’héroïne décédée en mars 1988, le réalisateur va devoir recourir à plusieurs astuces pour filmer la nouvelle fin. Et ce n’est pas bien brillant. Car l’héroïne est du coup quasi-absente de la seconde moitié du film et on a choisi un enfant à qui on a mis une perruque blonde pour la scène finale. Complètement raté.

Rien de bien étonnant donc, à voir ce fiasco sur grand écran, quand on connapit des conditions dans lequel le film a été terminé. Et les quelques bonnes idées et cette ambiance vintage des années 80 ne suffisent pas à nous séduire. On préfère oublier que ce film a existé.

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