Stoker

Stoker (2013)

1 h 40 min | Drame, Horreur, Thriller | 1 mars 2013
Note
8/10
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A la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, assiste au retour de son oncle, un homme mystérieux dont elle ignorait l’existence, et qui s’installe avec elle et sa mère. India commence à soupçonner que les motivations de cet homme charmeur ne sont pas sans arrière-pensées et ne tarde pas à ressentir pour lui des sentiments mêlés de méfiance et d’attirance.

Stoker marque les débuts dans le cinéma américain du réalisateur sud-coréen Park Chan-wook (The Vengeance Trilogy). Alors qu’avant lui certains de ses compatriotes s’y sont cassés les dents, le réalisateur d’Old Boy s’en sort de manière très honorable, d’autant plus qu’il s’agit d’un film de commande dont il n’a pas écrit le scénario. D’après un script de Wentworth Miller (oui, on parle bien du Michael Scofield de Prison Break), Stoker met en scène une famille en crise. A la mort de son père, disparu dans un étrange accident de voiture, India (Mia Wasikowska), une adolescente, voit son oncle (Matthew Goode) dont elle ignorait l’existence, s’installer avec elle et sa mère (Nicole Kidman) dans le manoir familial. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

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Avec Stoker, Park Chan-wook signe un conte malsain aux influences multiples. Référence directe à Dracula (le nom de la famille est Stoker), le film est aussi un hommage à L’Ombre d’un Doute d’Hitchcock, tout en détournant certains épisodes de contes traditionnels. Entre drame et thriller, Stoker oscille entre plusieurs genres, en passant par la chronique adolescente et le film d’horreur. Il s’agit du passage à l’âge adulte d’India, de son initiation à la violence et aux plaisirs de la chair, et de la découverte de son effrayante vraie nature. Son personnage est à mi-chemin entre une sorte de Dexter en jupons et les princesses des contes, à la Cendrillon ou Blanche-Neige (père disparu, marâtre – même s’il s’agit de sa vraie mère – ivre de jalousie à son encontre, prince charmant inattendu, sous la figure de son oncle).

L’esthétique parfaite du film tranche avec son histoire malsaine, et ne le rend que plus dérangeant. Les images sont particulièrement soignées et travaillées : photographie éblouissante, cadrages parfaits, travellings et plans circulaires autour des personnages… Park Chan-wook transforme la moindre scène et le moindre plan en véritable œuvre d’art, de par la lumière, les couleurs, la composition et les décors surannés qui placent la famille Stoker et le film complètement hors du temps. Même le générique s’inscrit dans cette volonté de parfaire l’esthétique du film, parfois peut-être un peu au détriment du fond.

2

La beauté des plans et des décors contraste avec la perversité du scénario et la noirceur que portent les personnages derrière leurs apparences de famille bien sous tout rapport. Mia Wasikowska, l’Alice de Tim Burton, livre une interprétation très juste du personnage d’India, sorte de Dexter au féminin et Matthew Goode (Ozymandias dans Watchmen) est parfait dans le rôle de Charlie, mystérieux et charmant dandy au passé trouble. Mia Wasikowska vole d’ailleurs largement la vedette à une Nicole Kidman décevante qui ne fait qu’effleurer son rôle de mère indigne. L’interprétation superficielle de l’actrice est à l’image du rôle de son personnage ; elle semble n’être là que pour mettre en avant le duo génial formé par India et Charlie.

3

A l’inverse de ses précédents films comme Old Boy, Park Chan-wook ne nous délivre que peu d’images crues et violentes.  Amateurs de gore, passez votre chemin. Ici même les gouttes de sang qui jaillissent sont esthétiques et viennent orner les fleurs… Le réalisateur place assez de pudeur et de distance dans son film même s’il aborde des thèmes malsains et violents comme les pulsions meurtrières de ses personnages et l’inceste. Tout – ou presque – est suggéré, et le Coréen a recours à de nombreux symboles et métaphores pour montrer l’évolution du personnage d’India (l’araignée, les couleurs, les chaussures…). D’ailleurs, les moments où il ne suggère pas mais montre vraiment sont ceux qui fonctionnement le moins. La scène de la douche était-elle par exemple vraiment indispensable ? On lui préfèrera largement la session de piano à quatre mains entre India et Charlie laquelle, devant la caméra de Park Chan-wook, se transforme en instant torride.

4

Stoker, même s’il n’évite pas certains écueils ou clichés, et malgré un scénario parfois un peu bancal ou prévisible, nous offre un conte malsain à l’esthétique irréprochable, aussi envoûtant que déroutant, une véritable réussite.

TRAILER :

Aucun commentaire

  1. stoker est un film à voir car ces grandes qualités reposent sur une réalisation de toute beauté. l’intrigue est captivante et l’actrice principale joue à la perfection reléguant nicole kidman en second rôle. le film est cruel, fragilisées par la disparition du père pour l’une et du mari pour l’autre un oncle, tente de les aider mais cache un secret qui pourrait être dangereux pour nos deux tourterelles. note : 4,5/5

  2. J’ai particulièrement été marquée par l’esthétique du film 🙂
    C’est cette esthétisme qui m’a touchée en premier.

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