The Loved Ones

The Loved Ones (2009)

1 h 24 min | Horreur | 31 octobre 2009
Note
8/10
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Lola, la fille la plus timide du lycée propose à Brent de l'accompagner au bal de fin d'année.Comme il avait prévu d'y aller avec Holly, sa petite amie, il décline poliment l'invitation.Mais Lola n'aime pas qu'on lui dise non…

Et si le meilleur film d’horreur de l’année 2010 venait d’Australie et était le parfait croisement entre teen movie indie (c’est-à-dire plus Larry Clark qu’ « American Pie ») et « Massacre à la Tronçonneuse » ? Sensation forte des récents festivals, « The Loved Ones » ne trahit pas les attentes et va même beaucoup plus loin. Le réalisateur australien Sean Byrne y mélange adroitement trois genres – drame psychologique, teen movie et film gore – pour un résultat gagnant sévèrement en intensité à mesure que les styles se chevauchent.

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Xavier Samuel (« Twilight : Eclipse ») incarne Brent Mitchell, jeune lycéen faisant difficilement le deuil de son père décédé dans un accident de voiture. Coincé entre le quasi-mutisme de sa mère et l’amour que lui voue sa petite amie et auquel il ne peut répondre, Brent fuit sa culpabilité – il était au volant du véhicule – dans la fumette et le heavy metal. Le jour du bal de son lycée, le calvaire de l’adolescent tourne au cauchemar. Kidnappé par le père d’une jeune fille qu’il a refusé d’accompagner au bal, Brent se retrouve séquestré dans la maison d’une famille complètement psychotique pour une soirée de lycée revisitée dans la douleur.

« The Loved Ones » rompt ici avec les clichés du survival à l’australienne et ses bushmen enragés harcelant les touristes paumés en plein désert (voir « Wolf Creek », dernier grand frisson d’Oz Land, ici mentionné sur l’affiche). Sa partie horrifique se rapproche d’ailleurs plus de « Mum & Dad », petit film british sorti en 2009 et mêlant lui aussi comédie familiale noire voire très glauque et film de séquestration. Mais sa plus grande qualité reste d’avoir compris les grandes articulations des différents genres ici mis en scène pour proposer au final un métrage assez unique.

The Loved Ones - Sean Byrne (2009)

Sean Byrne réinvente le calvaire du repas chez les beau-parents

Ses images d’adolescents confrontés dans la douleur au monde des adultes et l’hypocrisie des bienséances sociales peuvent ainsi évoquer le film « Virgin Suicides » et autres clichés du cinéma indie naturaliste étiqueté encore récemment Sundance. La maitrise de ces codes et la beauté du film en général se révèle finalement plutôt déstabilisante. Car à cette douceur trompeuse  répond la brutalité des actes perpétrés par la suite, pour la plus grande surprise de ceux qui auraient été appâtés par l’aspect teen movie classieux du film et qui se prendront sûrement en pleine face tout ce qui va suivre (et qui se chargeront sûrement ensuite de parler de «bon film même si gâché par trop de violences inutiles »).

Car Sean Byrne ne se retient pas dès qu’il s’agit de rentrer dans la partie film d’horreur, l’empathie créée jusque là pour Brent et ses proches décuplant la terreur et la violence des effets. Le réalisateur montre une habilité certaine à faire grimper subitement la tension, que ce soit au cours de l’ascension quasi-suicidaire d’une falaise ou lors de séances de bricolages qui en traumatiseront sûrement plus d’un. Le réal’ saupoudre toutes ces parties les plus dures d’un humour noir pour créer des instants de folie furieuse digne du « Massacre à la Tronçonneuse » original, où le loufoque le dispute au malsain, et qui culminera dans un final grand-guignolesque dénotant d’un vrai amour du genre. Certains éléments du début comme l’accident de voiture où les marques d’automutilations de Brent trouvent alors dans ces instants leurs échos déformés, « The Loved Ones » arrivant à déployer une structure narrative aussi maitrisée que complètement vicelarde.

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Un cour de danse dans la douleur

En plus d’être plutôt fin dans son scénario en ne dévoilant qu’au fur et à mesure l’ampleur de la folie de la famille, le réalisateur ménage ses effets en alternant scènes du calvaire subi par Brent et une ligne narrative parallèle, d’apparence plus légère, suivant la soirée d’un de ses potes avec une adolescente gothique quasi-mutique. Les deux histoires se révéleront connectées, asseyant un peu plus le spleen traversant tout le film. Un sentiment de déprime adolescente générale conférant une personnalité forte à  «The Loved Ones » où les teenagers semblent beaucoup moins à la masse que les adultes ici soit impuissants et dépressifs ou psychotiques et incestueux..

On pensera inévitablement à  « Tous les garçons aiment Mandy Lane » mais à la place des faiblesses scénaristiques et du final mal foutu de Jonathan Levine, « The Loved Ones » déploie une intrigue maitrisée de bout en bout, le tout porté par des interprétations et une réalisation de haut vol. Immanquable

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DVD sorti en UK chez StudioCanal.

Par Alex B

BONUS:

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Entre Twilight et The Loved Ones il y a un peu plus qu’une coupe de cheveux…

10 plusieurs commentaires

  1. quand sortiras t-il en france ??

  2. Dans le genre final mal foutu … the loved ones est pas mal non plus…
    bon film mais gaché par une fin de merde…

  3. Les critiques sont enthousiastes. Et pourtant. Quel film ! Et quel ennuie ! Aucune surprise. Tout arrive très vite. Une entrée en matière minimaliste. Pas le temps d’installer les différents personnages. Des protagonistes dont l’intérêt pour le film est à démontrer. Malgré tout, une belle photographie, de bonnes idées, mais mal exploitées. Aurait fait un bon court.

  4. Vraiment hâte de le voir celui-là!
    Il sort quand?

  5. Ben oui… mais non. « The loved ones » n’est pas suffisamment accessible (à un niveau purement divertissant) pour être un futur classique du film de terreur. Et le comparer au mythique « Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper, sous prétexte qu’il lui rend clairement hommage, ne suffit pas non plus à en faire un film d’horreur novateur et important. Certes, la réalisation et l’interprétation sont de qualité mais encore faudrait-il pouvoir s’identifier à un seul des personnages présents (tous plus irritants ou frappadingues les uns que les autres) pour arriver à apprécier l’humour qui surnage dans une ambiance dépressive. Un premier film prometteur tout de même…

  6. Je le compare à « Massacre à la Tronçonneuse » également parce qu’il partage clairement cette même gradation jusqu’au boutiste dans la folie furieuse.

  7. Super site!
    Je suis fan de films d’horreur et de films un peu barrés depuis l’âge de neuf ans (j’ai la trentaine 🙂
    Je suis tombée par hasard sur ce site et j’en suis bien heureuse.
    Encore bravo !
    Lisbeth

  8. très bonne surprise que ce loved ones et même très cynique par moment rappelant massacre à la tronçonneuse aussi sans atteindre sa folie, le papa et la fille sont très complices et sont vraiment des vraix sadiques faisant joujou avec leur proie et lui faisant subir toutes les horreurs possibles tout ça pour avoir refuser d’aller au bal de fin d’année avec sa fille. en plus la fin réserve d’autres surprises, vraiment un très bon film avec beaucoup d’humour aussi évidemment. note : 4,5/5

  9. Amateur de film d’épouvante, j’ai regardé ce film sur vos conseils, car il faisait parti des rares que je n’avais pas encore vu.

    Je n’avais rien lu à propose de ce film. Pour tout dire, je m’attendais à un truc drôle à la « Shaun of the Dead ». En fait pas du tout. Mais peu importe. Outre une réalisation et une bonne interprétation, ce film n’a pas grand chose de plus pour lui… Je ne vois pas en quoi c’est un incontournable. De plus, dans votre critique, vous passez totalement à côté de l’aspect Freudien du film, qui en est le fil rouge. Pas que ça me passionne, mais là, ça me paraît quand même essentiel…

    Enfin je sais pas, mais bon, voir des horreurs et des scènes dégueulasses, c’est cool, mais encore faut-ils qu’elles soient mises en scènes, sous-tenues par un scénario, c’est ce qui rend les choses intéressantes en général, la justification -telle qu’elle soit- des actes.

    Enfin bon. Du coup, pour moi ce film est un peu vide. Un jolie coup pour les yeux, certes, mais ça sonne un peu creux…

    Spoiler : la fille qui cherche desespérement le père dans ses conquêtes masculines,… même si je n’adhère pas totalement à la théorie, j’aurais voulu en avoir plus. Or dans le film, ce n’est pas tellement discutaillé. C’est un peu servi brut. A l’image de certaines scènes.

    C’est ce que je reproche à de très nombreux films de genre. Servir de la viande froide, c’est bien, mais bon des fois faudrait quand même penser à nous faire un vrai scénario derrière…

    Bref, tout ça pour dire que c’est pas mal, mais que ça casse pas trois pattes à un canard. Et ne pas parler du background dans un film comme ça, alors que c’est LE point à développer du film, … … …….

  10. Pitch sympa, plutôt original, encore jamais vu cette histoire de bal et d ‘a mour passion, petite reff à massacre qui fait tjrs plaisir, d ‘ailleurs tant qu ‘on parle de reff ça m ‘énerve un peu aujourd’hui que dès qu ‘un film – américain – a un regard un peu plus dur sur l ‘adolescence que la normale on invoque de suite Larry Clark , Larry Clark qui fait des choses subtiles et qui ne se résume pas qu ‘à des junkies et une image crue …
    Sinon bon petit film gore, assez généreux : Je m ‘attendais à ce que toute la perversion et les originalités ds le gore du film soient dans la ba, mais j ‘étais mauvaise langue. Pas un chef – d ‘oeuvre mais un film honnête ( la victime même si elle est parfois sauvée par le gong de quelques sévices ne s ‘extirpe jamais des griffes du tueur comme par magie avec un deus ex machina et les personnages ne m ‘ont pas parus clichés ). Bon film. Sinon matez « EAT » film Inde gore super cool 🙂

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