The Woman

The Woman (2011)

1 h 32 min | Crime, Drame, Horreur, Thriller | 14 octobre 2011
Note
6/10
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Quand un avocat capture et tente de "civiliser" une "femme sauvage", rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des États-Unis pendant des décennies, il met la vie de sa famille en danger.

Avocat et bon père de famille, Christopher Cleek fait tout ce qu’il peut pour protéger sa famille lorsqu’il découvre une femme sauvage vivant dans des bois près de leur maison, isolée dans la campagne. Il la capture afin de la « civiliser » et demande à sa famille de l’assister.

Sélectionné en compétition officielle au dernier Festival de Sundance, « The Woman » n’a laissé personne indifférent. Un spectateur aurait même quitté la salle en s’exclamant : « Le film est dégradant pour les femmes, vous êtres malades, ce n’est pas de l’art, Sundance devrait avoir honte »… Rien que ça ! Pour un film d’horreur, susciter ce genre de réaction n’a rien de dramatique, c’est même plutôt de bon augure. Mais brandir le spectre de la misogynie lorsqu’on parle de Lucky McKee, c’est bien mal connaître ce réalisateur, auteur du désormais culte « May ».

Pour ce projet, Lucky McKee s’est associé au romancier Jack Ketchum – à qui l’on doit notamment The Girl Next Door, Offspring, Sleep Disorder – considéré comme une référence de la littérature d’horreur américaine. Ensemble, ils ont écrit le scénario et le roman (éponyme, sorti en même temps que le film) et nous livre « une exploration de la définition même de l’horreur » pour reprendre les propres mots du réalisateur. Et vu la polémique qui règne autour du film, il faut obligatoirement se demander si « The Woman » est un film engagé réussi. Verdict : oui et non.

Une réponse ambivalente qui ne va pas satisfaire tout le monde. Oui parce qu’il aborde toutes les facettes de la féminité et du poids des normes, mettant en scène la volonté de la société phallocratique (assez banalement représentée par le père et le fils) de soumettre la femme  de façon absolue. Ainsi, sont sacrifiées les figures de la mère (Angela Bettis qu’on a pu voir dans « May »), des filles, de la femme émancipée et accomplie (la bien nommée Geneviève Raton, professeur) et, bien sûr, de la femme sauvage, celle qui existe physiquement et celle qui sommeille en toute femme, The Woman, donc. Non parce qu’il est trop simpliste : autant la personnalité féminine est analysée dans toute sa complexité (même si ces dites personnalités sont plus ou moins stéréotypées), autant la figure masculine n’est qu’une et elle est cruelle, sans pitié, dominatrice, absolument incapable de se remettre en question.

Une simplicité alourdie par un manque de subtilité criant : tout est montré. On veut dénoncer la violence faite aux femmes (ou aux faibles) et pour le faire on montre… La violence. Une formule bien trop explicite pour inviter à la réflexion. Par contre, le refus du réalisateur de mettre en scène une rédemption est un choix assez intéressant. Absence de rédemption contrebalancée par une note d’espoir finale, la plus jeune fille vivra probablement dans un monde dépourvu de masculinité et donc de sévices et de souffrance. La féminité est ici libérée par la bestialité, une question se pose alors : est-ce que l’unique porte de sortie de la femme est la violence ? Un postulat qui se défend, surtout dans ce genre de cinéma.

Outre cette problématique sociopolitique éminemment intéressante lorsqu’elle est traitée dans un film d’horreur, « The Woman » n’en reste pas moins… un film d’horreur, et en tant que tel, il souffre de quelques lacunes. La principale d’entre elles étant son manque certain de rythme. Le réalisateur force sur la mise sous tension du spectateur et si la terreur monte – car il s’agit bien de terreur – le film bascule dans une sorte d’attente permanente. On sait pertinemment qu’il va se passer quelque chose, que ce quelque chose risque d’être particulièrement insoutenable, mais le réalisateur prend son temps et, du coup, le nôtre.

La sauce prend bien, malheureusement le procédé est sur-employé, la répétition s’installe et, fatalement, l’ennui aussi. Car évidemment, les scènes consacrées à la montée de l’horreur sont totalement dépourvues d’action. Et quand arrive ce qui doit arriver, le spectateur n’est jamais étonné. « The Woman » est malheureusement très prévisible – mise à part une petite surprise vers la fin, fin qui ne suffit pas à vider une tension contenue pendant près d’1h20. Le plaisir est gâché quand explose la violence, chose regrettable pour un final paradoxalement gore à souhait. Côté psychologique, on en a certes pour son argent, mais cela ne suffit pas. Dans le même genre, peut-être en moins engagé, on préfèrera « I Spit On Your Grave » ou l’excellent « The Girl Next Door » (également adapté du roman de Jack Ketchum et porté à l’écran par Gregory Wilson).

Le scandale autour de ce film ne se justifie pas. « The Woman » est ouvertement féministe, ceux qui prétendent le contraire ont probablement été davantage gênés par l’ultra-violence du propos que par une idéologie misogyne quelconque. Il est bien question de misogynie, mais nous sommes dans une dénonciation claire et sans équivoque. Une prise de position qui, dans l’ensemble, manque un peu de nuance, mais qui a le mérite de faire d’un film d’horreur, un film intelligent. Ce n’est certainement pas sans raison que « The Woman » a remporté l’Octopus d’Or du meilleur film fantastique international.

Par Adèle.

2 plusieurs commentaires

  1. the woman est un film très lent ce qui le rend très pénible parfois d’ou un malaise ressenti. sur ce point lucky mc kee réussi un tour de force magistral. l’aspect de la femme dans ce film est assez curieux, dominée par un homme sans pitié et avec un goût prononçé pour la prendre pour un objet et lui faire subir des sévices les plus humiliants ce qui pourra choquer beaucoup de personne. ce film est reservé à un publique averti. quant à lucky mc kee confirme un talent indéniable sur les rapports humains. voir d’ailleurs sa première réalisation remarquable qui s’intitule may. note : 4,5/5

  2. je n’ai jamais vu un film aussi malsain et dénaturé que the woman. J’ai pourtant admiré Salo de Pasolini, choquant mais très moral

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